Basiques ou essentiels ?

Sinda, la fondatrice d'AFFRENCHIES a rencontré Loren du blog Soyons Elégantes pour parler de basiques ou plutôt d'essentiels...

Voici ce qu'elles se sont dit... Vous pouvez également retrouver la vidéo Interview ici.

Merci à Loren pour cet échange !

Loren : Qu’est ce que tu avais envie d’apporter aux femmes avec ta marque ?

Sinda : Je suis une grosse consommatrice de mode depuis longtemps, je peux passer des heures sur mes sites préférés à chercher des pièces. Et de façon récurrente pour moi, pour mes amies, ma mère, ma soeur, je me heurtais à la difficulté de ne pas trouver de beaux hauts sobres faciles à associer, qualitatifs mais qui soient aussi stylés/dégaine.

Le constat était le même pour moi ou autour de moi : on a 10 hauts fast fashion mal coupés, qui passent dans le tiroir à pyjamas après 2 lavages et qui certes, ne coutent pas chers mais qui au final nous ont fait immobilisé 300 euros en tout. De l’autre côté, quelques pièces achetées en contemporary/luxe accessible pas toujours beaucoup plus qualitatives d’ailleurs mais au vu de leur prix commençant à 180€, toujours choisies comme littéralement « extra-ordinaires » . Par exemple, la blouse en soie rouge motif éléphants blancs imitation Chloé, très tendance mais très visible donc portable peu souvent, rapidement passée de mode.

En soie, donc à laver à la main, restant dans le placard car non-repassée ou dans le bac à linge sale, parce que non lavée. Au final un stock immobilisé conséquent qui se dévalorise très vite et qu’on n’optimise pas.

L’idée d’Affrenchies est de penser des pièces essentielles de la garde-robe féminine, qui soient très versatiles, bien coupées, toujours chiadées, bien pensées (bouton de chemise qui ferme au bon endroit par exemple), aux matières nobles mais faciles d’entretien (passent en machine, demandent peu ou pas de repassage). Selon le moment, la personnalité ou l’envie, les pièces peuvent être associées à notre vestiaire du quotidien ou à des « statement pieces » dont elles vont modérer l’extravagance.

L : En quoi la femme Affrenchies est un peu rebelle, elle s’affranchit de quoi ?

S : D’abord, très prosaïquement, elle s’affranchit de la contrainte. Contrainte de chercher ces hauts essentiels pendant des heures sans les trouver, contrainte d’avoir à les laver à la main, contrainte de devoir les repasser longtemps.

Ensuite, elle s’affranchit également du diktat actuel très français qui veut que toutes les marques sur la place ne font que du bohème. Parfois un peu de preppy ou de girly. Même des marques historiquement très rock s’y sont mises.

Et si les volants, cols claudine, pois, manches bouffantes, dentelles systématiques n’étaient pas notre truc ? Si on avait envie de créer son look, de le faire évoluer, sans tag, sans label, au gré de nos envies ?

Enfin, Affrenchies s’inscrit, très humblement, dans le mouvement de fond actuel de women empowerment et s’adresse à toutes ces femmes à qui on a dit qu’elles étaient trop ceci, pas assez cela, qui n’en font pas trop pour ne pas déranger, qui se sentent forcées, pour intégrer le jeu social, notamment professionnel, à « s’insipidiser », à ne pas faire trop de bruit, à ne pas porter de talons si elles sont déjà grandes, à ne pas être stylées si elles sont dans des environnements qui se veulent « smart » ou au contraire à se forcer à l’être dans des environnements qui se veulent « stylés ». La femme Affrenchies arrête, en étant un carré, de vouloir rentrer dans un rond au risque d’élimer ses bords (en se faisant mal). Elle s’assume et refuse les cases dans lesquelles on cherche à la faire entrer. Elle est sexy et smart, sûre d’elle et humble, a du caractère et de l’empathie. Elle a des défauts mais pas d’étiquette.

L : Quels sont pour toi les basiques essentiels à posséder dans son armoire ?

S : Je vais commencer par les hauts J : un beau col rond, un col V parce que ça va à tout le monde, une blouse en satin/soie, un débardeur, un caraco, une chemise blanche, une chemise rayée, une chemise en jean, une grosse maille sobre, (Valentine Witmeur en fait des très belles), celles d’Acné sont pas mal non plus et un t-shirt blanc tout simple, ceux d’Uniqlo à 10€ sont tops.

Pour ce qui est du reste, un jean qui nous flatte et dans lequel on se sent bien, un beau tailleur pantalon, un perfecto, une veste en jean oversize, une jupe crayon, un beau short, une mini-jupe en jean et LE super manteau.

Pour les chaussures, une paire de godillots/bottines plates rock intemporelles qui twistent tout, une paire d’escarpins à bout pointu incontournables, des baskets blanches. Pour les sacs, plein ! Je ne saurais pas choisir.

L : Comment bien choisir ses basiques, que faut-il regarder en priorité ?

S : Ce qu’on voudrait arriver à faire avec Affrenchies, c’est changer la façon dont les femmes envisagent leurs achats. Je n’aime pas le mot « basique » d’ailleurs car il reflète exactement ce que pensent beaucoup de femmes, de manière presque condescendante. Aujourd’hui, une pièce qui a un pompon, de la dentelle ou dont le tissu est imprimé est perçue comme une pièce « de valeur » car ayant un « plus », une différence… indépendamment de la qualité du tissu, de la coupe ou des finitions. J’observe que ce « plus » fait oublier aux femmes de s’arrêter sur les défauts du vêtement. La valeur perçue étant élevée, les femmes sont alors prêtes à l’acheter cher. Pour moi, il en va des hauts comme du reste de la garde-robe : les pièces du quotidien, que je vais porter, reporter, associer, looker sont celles dans lesquelles j’investis. Celles qui au contraire sont des pièces plus « mode » donc plus éphémères, je les achète en fast fashion ou en vente privée sauf gros coup de coeur. Pour choisir ses essentiels, donc, il faut d'abord comprendre sa morphologie et acheter quelques pièces qui nous mettent en valeur et qu’on va porter souvent.

Une pièce qualitative c’est d’abord une pièce bien coupée, qui ne baille pas, qui ne gondole pas, qui mette en valeur le décolleté de façon précise (au bon niveau). Ensuite, c’est une pièce dont le tissu est qualitatif, dont l’aspect est noble et ce n’est pas une question de composition. Il y a des tissus synthétiques qui sont très beaux et des soies très « cheap ».

Enfin, c’est une question de finitions :

  • la marque a-t-elle choisi de doubler (plus cher) ou de surpiquer quitte à avoir les marques de couture et des bords qui gondolent ?
  • la pièce est-elle coupée en biais pour un plus beau tombé ?
  • les propretés intérieures sont-elles soignées ?
  • Est-il aisé de retirer les étiquettes ?… etc.

Certaines marques, comme Totême, Acne ou Maison Standards, se positionnent depuis longtemps sur des essentiels sobres. La difficulté c’est qu’elles sont, soit peu accessibles en termes de prix pour les 2 premières, soit trop classiques à mon goût en termes de style et pas assez féminine pour la dernière.

J’ai conscience qu’il n’est pas aisé de « visualiser » la qualité d’un produit, en ligne, en dépit du soin accordé aux pages produits. C’est pourquoi on se lance dans 2 semaines de pop-up à Paris avant les fêtes du 3 au 16 décembre 2018 pour faire découvrir les pièces et transmettre « physiquement » cette attention aux détails. Et on a l’intention de le faire très régulièrement en cours d’année.

L : Penses-tu qu’une femme qui ne possède que des basiques pourrait à la longue s’ennuyer dans son style ?

S : Tout dépend de la femme. Certaines femmes aiment rester classiques tout en étant élégantes, c’est leur choix et leur droit. Moi j’aime associer les pièces et changer de look. J’aime me surprendre et surprendre, ça m’amuse.

Les essentiels ne sont donc pas suffisants mais comme leur nom l’indique ils sont essentiels.

Chez Affrenchies, on essaye d’apporter une dégaine à toutes les pièces pour qu’elles ne soient pas « boring » justement et on a quelques statement pieces en collection qu’on va enrichir progressivement, on a déjà une nouvelle pièce dans les tuyaux, la Trainée…

L : Inversement, en quoi les basiques sont incontournables pour construire son style ?

S : Justement, comment porter des pièces qui sortent de l’ordinaire sans essentiels ? Sauf à avoir un look très décalé et assumé, ce qui n’est pas forcément commun et ce qui demande surtout beaucoup de temps car de longues recherches d’associations esthétiques. Un essentiel haut ou bas vous permet de vous amuser avec le reste. Une robe décalée et une paire d’escarpins toute simple. Un haut extravagant et un jean basique taille haute. Une jupe statement et une belle chemise blanche.

L : Alors concrètement, comment bien porter les basiques pour avoir du style ?

S : Il n’y a pas vraiment de secret. Avoir du style, c’est porter ce qui nous met en valeur, ce qu’on a envie d’exprimer de sa personnalité (et ça peut dépendre du moment) en l’assumant. J’aime bien dire que « le style est une attitude ».

De façon pragmatique, les essentiels permettent très aisément de porter des pièces plus extravagantes sans avoir à faire des associations trop compliquées.

Après, je sais que composer des looks est très chronophage, c’est pourquoi, on propose systématiquement sur les pages produits Affrenchies, une déclinaison de 2 ou 3 looks par essentiel en citant les marques associées pour permettre à nos shoppeuses de se projeter, de s’inspirer et de construire les looks qui leur ressemblent plus facilement.

L : Quelle est ton ambition avec Affrenchies pour les années qui viennent ?

S : Question compliquée, je viens tout juste de lancer l’e-shop ! Si Affrenchies peut fédérer une communauté de femmes affranchies qui se reconnaissent dans la marque et dans son message, ce serait déjà très chouette. J’ai envie bien sûr de proposer d’autres pièces toujours plus belles, encore mieux pensées et exécutées, des hauts d’abord mais pas que… Je voudrais aussi qu’Affrenchies puisse prendre part à des projets de promotion et d’émancipation de la femme, il y a quelques pistes en cours. Et plein d’autres choses…

L’exigence est au cœur de l’ADN d’Affrenchies, Avant l’ambition, je dirais que notre engagement est de faire au mieux et toujours mieux.

AFFRENCHIES vient à votre rencontre avant les fêtes avec 2 semaines de pop-up store à Paris :

  1. Du 3 au 9 décembre inclus à L’Artyrie au 4 rue Pastourelle 75003 Paris aux côtés de jeunes créateurs talentueux
  2. Du 10 au 16 décembre inclus à la Fabrique du Père Noël organisée par La Fine Equipe au 14 avenue des Ternes 75017 Paris

Pour ne rien manquer des actualités de la marque, suivez AFFRENCHIES sur Instagram : @affrenchiesparis


Nous organisons un concours Instagram avec Loren pour remporter La Philippe. Rdv sur le compte Instagram @soyonselegantes jusqu'au lundi 10/12 pour participer !

Quelques mots sur Loren : Fondatrice de Soyons élégantes | blog mode, et auteure des publications, Loren est par ailleurs consultante en image certifiée (coaching, stylisme, relooking luxe, personal shopping...).

 

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